incubation6

20 avril 2009

“La femme des sables”

Classé dans : Littérature — incubation6 @ 11:23

Un roman d’Abé Kôbô (Japon). Un professeur, entomologiste amateur, part en exploration dans les sables où il espère découvrir quelque nouvelle espèce d’insecte. Il tombe dans un piège. Un trou, littéralement. D’où, en compagnie d’une femme, il sera contraint pour sa survie de chasser le sable qui recouvre tout, qui pousse, qui entoure comme des murs, qui recouvre comme une chape. Enfermement, esclavage, condition humaine. La littérature japonaise, que je connais mal, est très symbolique. Chacun trouvera dans ce trou de sable des significations propres et universelles. Le style (dans sa traduction) est particulier mais “classique” (ce qui, chez moi, est à prendre comme un compliment, en l’occurrence). Angoissant à souhait.

26 mars 2009

“La stratégie du choc”

Classé dans : Essais — incubation6 @ 6:18

Le dernier ouvrage de Naomi Klein. Sous-titre: “Montée d’un capitalisme du désastre”. Où l’auteur retrace une grande partie de l’histoire des quarante dernières années à l’aune d’une argumentation bien étayée et documentée: comment le capitalisme et l’ultra-libéralisme théorisés par Milton Friedman et l’école de Chicago ont trouvé leur application, violente et ravageuse, en profitant de désastres naturels (l’ouragan Katrina, le tsunami de décembre 2004), en soutenant ou en provoquant, au besoin et avec l’aide de la CIA notamment, des coups d’Etat (Chili, Indonésie, Russie, Irak). L’auteur établit avec beaucoup de précision et de détails les liens qui existent, par exemple au Chili en 1973, entre la prise de pouvoir de Pinochet et la mise en application d’un capitalisme violent, au bénéfice de quelques castes (certaines figures de l’establishment politique, de Reagan à Bush, de Pinochet à Eltsine) et de certaines entreprises (d’armement principalement, mais pas seulement), aux Etats-Unis et dans les pays concernés. L’auteur termine son essai sur le “nouveau” visage du capitalisme du désastre qui se dévoile sous les traits d’une civilisation de la surveillance et de la sécurité.

4 février 2009

Aucun répit

Classé dans : Mélanges — incubation6 @ 9:27

Le bruit. Partout, tout le temps. Général, particulier. De près, de loin. Bruit sourd, opaque, aigu, tranchant, étouffé, grandiloquent, massif. Partout. Bruit des gens, des choses, des éléments naturels (le moins pénible, sauf lorsqu’il entre en contact avec celui des humains et des choses qu’il a créées). Bruit des bêtes (quand elles sont conditionnées par les humains). Le bruit, partout et tout le temps. Claviers, doigts, pieds, mastications, voix. Soit je supprime la source du bruit (mes semblables), soit je supprime le récepteur. Cette dernière option me gêne au plus haut point. Reste le Montana?

tapage
chahut
tintamarre
tohu-bohu
raffut
vacarme
tumulte
boucan
potin
rumeur
bourdonnement
bruissement
cri
éclat
grondement
murmure
nouvelle
histoire
fracas
bavardage
barouf
qu’en-dira-t-on
musique
esclandre
conte
charivari
chambard
cancan
anecdote
écho
vent
son
ronflement
ramdam
racontar
propos
hourvari
chanson
bastringue
mugissement
on-dit
remue-ménage
scandale
hurlement
grabuge
fable
explosion
coup
borborygme
battement
gazouillement
pétard
ronron
ton
voix
crépitation
commérage
agitation
boniment
bordel
brouhaha
chant
froissement
frou-frou
grésillement
publicité
pétillement
retentissement
roulement
souffle
stridulation
tintouin
vrombissement
foin
fanfare
babil
bagarre
bobard
bousin
cacophonie
canard
chronique
clameur
claquement
cornage
déflagration
pétarade
parasites
onomatopée
impact
huée
renommée
râle
sifflement
sonnerie
tollé
trouble
turbulence
grincement
gargouillis
gargouillement
barnum
battage
bazar
boulevari
chuchotement
chuintement
clapotis
frôlement
flatuosité
détonation
crépitement
craquement
hoquet
hydatisme
jacasserie
ouï-dire
ragots
ronronnement
râlement
sifflage
soupir
tapement
tintement
décrépitation
déclic
battue
brondissement
brouillage
cassement
chamaille
clapotage
clappement
cliquetis
craquètement
crissement
dire
éclatement

< http://www.cnrtl.fr/synonymie/bruit >

2 février 2009

“Chaos calme”

Classé dans : Littérature — incubation6 @ 10:53

De Sandro Veronesi. Lu dans sa traduction française. (J’ai quelques bouquins italiens en VO et j’ai hâte de m’y remettre. J’essaie de me convaincre chaque vendredi: un nouveau week-end se profile, vas-y, lance-toi. Et puis le week-end se transforme en dimanche soir et en deux secondes, il attrape la tête d’un lundi. A la semaine prochaine.) “Chaos calme”, donc. Je découvre l’univers de cet auteur. L’angle d’attaque est intéressant. Les touches d’humour m’ont plu. La narration et les dialogues vous prennent et vous savez dès les premières pages que vous irez jusqu’à la dernière. Sans parler des quelques scènes grivoises (que voulez-vous, difficile pour moi de changer). Et puis, même si le roman se déroule à Milan, une ville que je connais mal, je peux tout aussi difficilement nier qu’une espèce de nostalgie-mélancolie m’envahit quand je pense aux places, aux cafés, aux parfums, même si j’entretiens le classique rapport amour-haine des origines. Qui serais-je aujourd’hui, que ferais-je, et avec qui, si j’étais né (comme prévu d’une certaine manière) en Italie? Je devrais cesser de me poser des questions et commencer à vivre, simplement, honnêtement, sans trop renifler, en appréciant aussi bien la fine couche de neige de ce matin que l’entêtante pluie d’après-demain. Mais ce ne sont que des mots, n’est-ce pas.

28 janvier 2009

“Méridien de sang”

Classé dans : Littérature — incubation6 @ 1:21

De Cormac McCarthy. J’ai découvert cet auteur avec “La Route”. Et ensuite, bien entendu, avec “No Country for Old Men” (le livre et le film, dans cet ordre). “Méridien de sang” est un grand roman. Une plongée dans le XIXe siècle et dans le fameux “ouest” américain, et dans le nord du Mexique aussi, à la frontière du Texas. De la poussière, du vent, de la neige, des montagnes, des déserts, des hommes durs, impitoyables, des survivants, beaucoup de morts. Dans certaines pages, un des personnages, le juge, nous offre sa théorie de la guerre – et des hommes, intrinsèquement liés. McCarthy, et ce n’est pas négligeable, possède un style et un souffle narratif peu communs.

22 janvier 2009

Déversoir

Classé dans : Médias — incubation6 @ 6:41

Figurez-vous qu’à certains moments de la journée, je me surprends à hésiter. Est-ce que je ne condamne pas un peu trop prestement cette plaie ouverte, cette logorrhée affligeante que représentent les “commentaires”, les “avis” des lecteurs (j’adapte mon vocabulaire au genre, que voulez-vous)? Non, manifestement, je ne les condamnais pas assez lourdement. Il suffit de passer quelques minutes sur les grands médias en ligne (mais pas seulement) pour constater – à propos surtout des “grands” sujets d’actualité – combien il est regrettable que le moindre organe de presse cède aussi facilement au piège des “commentaires” (au moins, par le passé, dans les versions papier, pour des questions de place bien souvent, se limitait-on à quelques “avis des lecteurs”, souvent pénibles aussi d’ailleurs – ce n’est pas le support qui est en cause ici, c’est le principe du défoulement). Pour être clair, l’avis des “gens” sur telle ou telle question d’actualité ne m’intéresse pas. Rien que frustrations, purges, bas instincts, basses vindictes.

21 janvier 2009

Quies

Classé dans : Mélanges — incubation6 @ 4:43

Hier soir, entre “ma” télé et celles des voisins, je n’en pouvais plus. Souvenance: il y a vingt ans, lorsque j’étais “aux études”, je logeais aussi en appartement. Vous dire l’inconfort de vivre au milieu d’étrangers, entre les mêmes murs, et surtout l’obsession du bruit des autres, ou plutôt l’obligation du bruit des autres. Certains, vraisemblablement, possèdent une réelle capacité pour s’extraire du bruit ambiant. Je n’y parviens guère. Je suis littéralement poursuivi, hanté, harcelé, traumatisé par le bruit. Hier soir, donc, j’ai sorti ma petite boîte de boules quies en cire, les traditionnelles.

20 janvier 2009

“Contes carnivores”

Classé dans : Littérature — incubation6 @ 9:54

De Bernard Quiriny. La quatrième de couverture indique qu’il est né en Belgique en 1978. Mince, un auteur “jeune” qui ne donne pas dans la littérature “jeune et branchée”, dont l’un des pires aspects n’est pas toujours le clinquant médiatique, mais bien souvent la pauvreté du style et des sujets. Le style de Quiriny est classique, dans le bon sens du terme, et c’est ce qui m’a plu.

6 janvier 2009

Pour en finir avec…

Classé dans : Mélanges — incubation6 @ 12:08

Twitter: j’ai utilisé cet outil pendant quelques heures au début. J’ai arrêté.

Facebook: je me suis créé un compte au début. Je l’ai désactivé.

5 janvier 2009

C’est bien dommage

Classé dans : Musique — incubation6 @ 1:52

La “mort” du livre, la “mort” du CD… Concernant la disparition annoncée du premier, je ne vais pas l’évoquer plus avant, je risque de m’énerver et ce n’est jamais bon, même si on n’est pas encore tout à fait quadragénaire, de se faire bouillir le sang. Quant au déclin du second. Bon, je n’en sais rien, je ne suis pas un spécialiste. Que nous propose-t-on en lieu et place? Du téléchargement, c’est bien ça? Dans des formats qui peuvent être lus par à peu près n’importe quel outil, ouvre-boîte compris. Bien, fort bien. Mais la qualité des morceaux téléchargés? Compressés le plus souvent, non? Et, parfois, les versions sont nazes, non? Ah, que diable, le parler jeune, y a que ça de vrai.

Comment je fonctionne, je vais vous le dire: j’achète encore des CDs (que voulez-vous, je ne suis qu’un pauvre ringard), pas beaucoup et uniquement ceux de mes groupes et artistes préférés. Je loue énormément (à mon niveau, en tout cas) à la médiathèque. Je télécharge aussi, bien sûr, le plus souvent quand les morceaux ou les albums (plus rare) sont gratuits. Une fois le CD entre mes mains, je le compresse – passant d’un .wav à un .aac (ou .mp3) – et l’envoie sur mon iPod et sur mon Lacie 500 Gb (archivage). Je le grave aussi, dans le cas d’une location (écoute et archivage). J’ai encore besoin de l’orginal (même si cette notion se perd, elle aussi). C’est ainsi. Comme on le voit (vous le voyez, j’espère?), je me résous difficilement à n’emprunter qu’une seule voie. D’ailleurs, si j’avais le temps et les moyens surtout, je repartirais aussi vers le vinyl. Tout dépend de ce que l’on écoute et comment on souhaite l’écouter.

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